Testez l'eau de votre commune
Désormais, Il n'est plus nécessaire d'aller en mairie lire le panneau concernant la qualité de l'eau de votre ville.
Le Ministère chargé de la santé publie sur son site les résultats des analyses du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.
Les cinq nouvelles les plus récentes :
16/05/2012 12:33
Qualité de l'eau
09/05/2012 16:49
Journées du livre européen
08/05/2012 12:44
Elections présidentielles
07/02/2012 16:48
Villes et Villages Etoilés
28/01/2012 18:22
Défense et soutien du lycée polyvalent Caraminot
• Qu'est-ce qu'un flux RSS ?
Un flux RSS contient des informations fréquemment mises à jours.
Pour vous abonner au fil d'informations d'Energie Citoyenne, ils vous suffit d'afficher le flux en cliquant sur le lien ou sur l'image du flux
Ensuite le plus simple est de valider votre abonnement en choisissant l'ajout du flux aux favoris de votre navigateur, le contenu du flux sera alors automatiquement mis à jour dans vos favoris.
Sondage
Les consultations citoyennes
Tweet
La situation de la zone Euro à la suite du plan d'aide à l'Irlande.
Par Jacques Sapir
Jacques Sapir est un économiste qui, après avoir enseigné à l'université de paris-X Nanterre, est devenu directeur d'études à l'EHESS en 1996. Il dirige depuis le Centre d'études des modes d'industrialisation (CEMI-EHESS) et a été le responsable de la formation doctorale “Recherches comparatives sur le développement” de 1996 à 2006. C'est un théoricien de l'économie qui s'est fait remarquer par des positions hétérodoxes très marquées sur plusieurs sujets et un engagement politique à la gauche de la gauche.
Son diagnostic s'est jusqu'ici hélas vérifié. Il faudra bien un jour se décider à l'entendre.
Alors, la crise terminale de l’Euro aura-t-elle lieu ?
La situation qui fait suite à l'annonce du plan d'aide à l'Irlande continue de se dégrader dans la zone Euro. Cette dégradation annonce la crise terminale de la zone Euro, qui devrait survenir d'ici à l'hiver 2011/2012 et peut-être avant.
Fondamentalement, ce plan n'a pas rassuré les marchés. D'ores et déjà les inquiétudes montent sur le Portugal mais aussi sur l'Espagne, qualifiée “d'éléphant malade” par certains analystes.
Pour le Portugal, les “spreads” (écart des taux d'intérêts) sur la dette (par rapport aux titres publics allemands) se sont relativement synchronisés avec ceux de l'Irlande...
Sur le marché secondaire des titres publics, la baisse de la valeur de revente faciale de ces titres est un indicateur du taux d'intérêt auquel on est prêt à les détenir. De ce point de vue, la baisse de valeur des titres publics irlandais s'est accompagnée de celle des titres portugais et espagnols.
On a atteint les taux suivants le 22 novembre en fin de journée :
Irlande : 8,34% (et 8,64% à la fin du 23/11)
Portugal : 6,90%
Espagne : 4,81%
Ceci montre que les marchés ne croient plus dans les déclarations des principaux responsables qui vont répétant que les problèmes de l'Irlande et du Portugal sont très différents (ce qui est certes vrai techniquement, mais oublie la vision stratégique du problème). En fait, ces pays souffrent en réalité des mêmes maux, et en particulier du taux de change de l'Euro. Les structures économiques différentes des pays de la zone Euro ne peuvent s'accommoder d'un taux de change unique, en particulier si ce dernier est fortement surévalué.
L'Espagne, qui fait face à une crise sans précédent et où le taux de chômage est passé de 11% à 20% en 30 mois, quant à elle devra d'ici la fin de l'année 2010 refinancer 150 milliards de titres publics arrivant à maturité et ce sans compter l'augmentation rapide de son déficit. Si l'Espagne devait faire face à une nouvelle montée des taux et devait demander à bénéficier du mécanisme d'aide mis en place pour la Grèce, cela ferait éclater ce mécanisme et confronterait les dirigeants allemands à l'issue qu'ils redoutent : voire la zone Euro se transformer en une zone de compensation des déficits.
Ceci est pris en compte par les opérateurs des marchés, et en particulier par les fonds spéculatifs qui profitent des lacunes de la réglementation européenne pour jouer à fond la carte de la spéculation.
En fait, les autorités politiques de la zone Euro ont commis plusieurs erreurs graves :
(1) Le plan européen visant à consolider les mécanismes de stabilisation adoptés au printemps 2010 n’est pas crédible. Il s’inspire du SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism) qui fut proposé puis abandonné par le FMI en 2001. Or, ce plan implique que les prêteurs privés pourraient perdre une partie de leurs actifs (qu’ils ont imprudemment acheté) et aujourd’hui les marchés n’entendent plus perdre un seul centime. Le plan pourrait être crédible s’ils se donnait des moyens de pression sur les marchés, en limitant drastiquement les fenêtres de spéculation. Mais, au contraire c’est la liberté des États qu’il entend limiter. Ceci est insuffisant pour rassurer les opérateurs et ne limite pas leur liberté de spéculer, ce dont ils ne se privent pas.
(2) Ce plan est par ailleurs déjà mis en cause par une nouvelle aggravation de la situation de la Grèce. Les effets du plan de stabilisation se font sentir sur le PIB avec une nouvelle récession qui, mécaniquement, accroît les déficits et surtout leur poids par rapport au PIB (par baisse du dénominateur…). Il est très peu probable que la Grèce puisse retourner devant les marchés financiers en 2013 si une partie de la dette n’est pas effacée. Les autorités grecques envisagent en fait un défaut partiel.
(3) Ce plan soulève des problèmes politiques croissants en Irlande et au Portugal. Le gouvernement Irlandais ne tient plus – littéralement – qu’à un fil. Sa majorité au Parlement est réduite à 2 députés et le sera avant même le vote sur le budget 2011 à 1 seul, pour cause d’élection locale. Au Portugal, nous aurons dans les jours qui viennent une grève générale. Même en Grèce, le taux record d’abstentions enregistré aux élections locales (seulement 37% de votants pour la région d’Athènes) laisse présager de nouveaux troubles pour 2011 et 2012 quand de nouvelles étapes du plan de rigueur devront être abordées.
(4) L’accord passé entre l’Allemagne et la France manque considérablement de stabilité pour pouvoir espérer refonder des mécanismes politiques de gestion de la zone Euro. En effet si un accord a pu être trouvé sur un mécanisme de stabilisation, il dépend très largement de la réaction des marchés. Que ces derniers ne considèrent pas le mécanisme comme crédible et c’est tout le fragile édifice franco-allemand qui s’effondre car, sur le fond, les positions de ces deux pays sont antagoniques. La France ne peut accepter longtemps que l’Allemagne réalise près de 75% de son excédent commercial au détriment de ses voisins immédiats. L’excédent commercial allemand par rapport à la France (27 milliards d’Euros) est ainsi supérieur à celui qui a été enregistré par rapport aux Etats-Unis (19 milliards).
(5) Techniquement, la Commission Européenne a commis une grave erreur en n’interdisant pas les ventes à découvert sur les marchés financiers. Elle reste fondamentalement attachée à l’idéologie de la concurrence et des marchés dits “efficients”, idéologie qui est à la base même de la crise que nous vivons.
La crise terminale de l’Euro est d’ores et déjà engagée, et devrait connaître son point culminant dans le cours de 2011, et au plus tard pour l’hiver 2011-2012. Il y a peu de chances qu’elle puisse être évitée. Au mieux prendra-t-on des mesures pour prolonger l’agonie et reportera-t-on sur 2013 ou 2014 les échéances.
Cette crise ne provient pas des problèmes rencontrés par la Grèce, l’Irlande et demain le Portugal et peut-être l’Espagne. Elle provient en fait de la volonté de faire fonctionner avec une monnaie unique des économies hétérogènes, marquées notamment par des taux d’inflation structurels (ou taux d’inflation tel que toute tentative pour le faire baisser entraîne une baisse du PIB) extrêmement différents. Ce problème, en son temps, avait provoqué la crise du SME. Celle-ci avait été aggravée par la spéculation. Or, on constate que dans la zone Euro on retrouve les mêmes problèmes et que la circulation des capitaux n’est toujours pas contrôlée, donnant ainsi une prime à la spéculation qui peut se déchaîner par des opérations de
vente à découvert.
L’Euro ne peut fonctionner comme “monnaie unique” que si une volonté forte et légitime s’exprime au niveau politique et si existent des flux de transferts importants (entre 6% et 10% du PIB de la Zone comme on le voit pour les grands pays fédéraux où la monnaie est unique avec des économies régionales hétérogènes) pour harmoniser des économies qui sont en réalité très hétérogènes.
Or, aucune de ces solutions n’est aujourd’hui envisageable. L’Allemagne a exprimé à de nombreuses reprises son opposition à une “zone de transferts budgétaires” et les avantages que les pays retirent de leur appartenance à la zone Euro sont eux aussi très hétérogènes. Faute d’une unité politique, qui ne peut être acquise aujourd’hui qu’à minima, et dans la mesure où les règles régissant les marchés financiers sont restées laxistes, ceci sous la double influence de l’idéologie des marchés dits “efficients” et des intérêts privés directs et indirects de certains des décideurs, l’avenir de la zone Euro est désormais très compromis.
La crise va donc s’étendre peu à peu, avec des épisodes provisoires de répit. Elle va toucher de nouveaux pays, et même la France sera atteinte quand les agences de notation lui retireront sa note AAA au printemps prochain, tandis que ceux qui ont déjà été frappés par la crise connaîtront des rechutes douloureuses. L’accumulation des plans d’ajustement budgétaire va plonger la zone dans une atonie économique, puis une nouvelle récession qui viendra tarir les ressources budgétaires sur lesquelles on compte pour équilibrer les budgets. D’autres plans d’ajustement seront alors nécessaires et la zone Euro glissera de la récession à la dépression.
Dans ces conditions, le coût du maintien de l’Euro et dans la zone Euro va rapidement excéder ses avantages, supposés ou réels.
Si la zone Euro apparaît aujourd’hui comme condamnée dans sa forme actuelle, il importe de maintenir le principe d’une certaine coordination monétaire entre les pays de l’Union Européenne, voire entre les pays du noyau historique de l’Union.
Ceci pourrait prendre la forme d’une monnaie commune, venant se superposer aux monnaies nationales retrouvées, dans un cadre institutionnel marqué par une stricte réglementation des marchés financiers, un contrôle des mouvements de capitaux et des taux de change fixes mais ajustables de manière régulière. Ceci impliquerait aussi des institutions permettant de re-nationaliser les dettes publiques dont une partie pourrait être financée par monétisation par les Banques Centrales.
Mais, un tel système ne se décrète pas en quelques jours, voire en quelques semaines. Si l’on ne veut pas que l’éclatement inéluctable de la zone Euro ne tourne au sauve-qui-peut général, c’est dès aujourd’hui qu’il nous faut anticiper cela. Nous avons entre trois et six mois pour agir. Après, il sera trop tard.
L’actualité de la crise : DES PARIS STUPIDES, par François Leclerc
”Pour aller à l’essentiel : l’Irlande est plus que jamais le détonateur de la bombe espagnole. Afin de ne pas être totalement démunis quand, lundi prochain, les marchés ouvriront à nouveau – il n’y a plus que deux jours à tirer avant la trêve du week-end – les représentants de l’Union européenne et du FMI ont donc décidé d’adopter dès dimanche le plan de soutien à l’Irlande. Précipitant son chiffrage et abrégeant les négociations. Faisant une fervente prière pour que le nouveau budget irlandais puisse être adopté, dans une situation de crise politique et sociale qui rend cette perspective très aléatoire, puisque cette adoption est la condition sine qua non de l’aide.
Dernier recours quand tout va mal, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont entretenus dans l’urgence. Pour décider de précipiter le mouvement afin de tenter de calmer le jeu. Faisant par la même un gigantesque contre-sens, car ce qui incite les marchés à continuer de faire monter les enchères et les taux obligataires irlandais et espagnols – créant même quelques remous bousculant les obligations allemandes et françaises - c’est le plan de sauvetage lui-même, et non pas son retard à l’allumage.
Nul ne peut croire, en effet, que l’Irlande pourra supporter le fardeau financier qu’il est prévu de mettre sur ses épaules. Surtout pas les analystes financiers. Le gouffre qu’offrent les banques irlandaises ne peut pas être comblé sans, dès maintenant, mettre à contribution leurs créditeurs, c’est à dire les banques britanniques, allemandes et françaises au premier chef. Le Financial Times a fait campagne en ce sens, et des rumeurs font état d’interrogations du FMI qui aurait considéré qu’il ne fallait pas autant charger la barque de l’Etat, aboutissant à des conclusions similaires.”
(La suite sur le blog de Paul Jorion.)
Les marchés internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité de l’Espagne à rembourser ses dettes.
Portugal : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 7,023 %.
Irlande : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 9,041 %.
Grèce : taux d’intérêt des obligations à 10 ans : 11,934 %.
(La suite sur le blog de Paul Jorion.)
Pensez-vous que la crise finale de l'Euro est une fatalité, ou bien qu'au contraire, les Etats vont réagir en trouvant une issue politique à cette crise, comme ils l'ont toujours fait ? Ce qui en dernier lieu renforcera l'Europe en la dotant d'un véritable pouvoir de politique économique.
Réagissez en ajoutant votre commentaire.

Suivez ECPE sur Twitter




![Validate my RSS feed [Valid RSS]](images/valid-rss.png)

Notre politique de confidentialité
Afficher/Masquer : Ajout de commentaires